On connaissait le syndrome du cœur brisé, mais une récente étude rapporte le cas d’une sexagénaire victime d’un syndrome du cœur heureux, une affection rare qui ressemble à un infarctus. Explications.
L’ESSENTIEL
• Le « syndrome du cœur heureux » est une forme rare de cardiomyopathie de Takotsubo déclenchée par une émotion positive intense.
• Ses symptômes peuvent imiter ceux d’une crise cardiaque et nécessitent une prise en charge rapide.
• Seules environ 4 % des cardiomyopathies de Takotsubo seraient provoquées par des émotions positives.
Le bonheur, c’est censé faire du bien. Pourtant, dans des circonstances exceptionnelles, il peut aussi devenir une source de stress pour le cœur. C’est ce que montre une étude de cas publiée dans Oxford Medical Case Reports, qui rapporte l’histoire étonnante d’une femme de 65 ans victime d’un « syndrome du cœur heureux » après le mariage de sa fille.
Une joie si intense qu’elle ressemble à un infarctus
Trois jours après les festivités, cette femme souffre de douleurs thoraciques et d’un essoufflement. Les médecins suspectent immédiatement une crise cardiaque et l’adressent en urgence aux urgences. Les examens révèlent une diminution de l’irrigation du cœur, mais aucun caillot n’est retrouvé. En revanche, les médecins observent une déformation caractéristique du ventricule gauche, qui prend une forme de ballon et pompe moins efficacement le sang. Un tableau clinique qui correspond à une cardiomyopathie de Takotsubo (TTS), une affection rare qui imite un infarctus tout en étant d’origine émotionnelle.
Décrit pour la première fois en 1983 à l’hôpital d’Hiroshima, au Japon, ce syndrome doit son nom aux pièges à poulpes japonais, les « takotsubo », dont la forme rappelle celle du ventricule déformé. Le « syndrome du cœur brisé« , déclenché par un chagrin, est le plus connu. À l’inverse, le « syndrome du cœur heureux » est beaucoup plus rare : seules environ 4 % des cardiomyopathies de Takotsubo seraient provoquées par des émotions positives, selon les données citées par l’étude.
« Les deux situations impliquent une activation du système nerveux sympathique et une libération massive de catécholamines, mais les réponses neurohormonales peuvent différer selon que l’émotion est positive ou négative », expliquent les auteurs de l’étude dans un article de Science Alert. Autrement dit, qu’il s’agisse d’une émotion négative ou positive, le système nerveux est fortement stimulé, même si les mécanismes précis restent mal compris.