Santé & Bien-être

Regarder du sport en direct : les bienfaits insoupçonnés sur votre corps

Coupe du Monde, Championnat des Nations 2026… Assister à ces événements sportifs stimule la production d’ocytocine et synchronise les battements cardiaques.

L’ESSENTIEL
• Une expérience collective, plus précisément le fait d’assister à un événement sportif, augmente l’ocytocine, une hormone impliquée dans l’attachement, la confiance et la connexion sociale.
• Pendant et après la rencontre, une hausse de la synchronisation des battements cardiaques est observée entre les spectateurs.
• Selon les chercheurs, ces deux réponses physiologiques pourraient devenir des outils potentiels pour favoriser le bien-être des patients et un meilleur lien social.

Suivre un événement sportif, c’est bien plus qu’un divertissement ? C’est ce que suggère une nouvelle étude, publiée dans la revue Translational Psychiatry, mettant en avant ce qui se passe le corps quand on partage l’émotion d’un match, d’une course d’étape ou d’une rencontre.

Dépression, anxiété, schizophrénie… L’ocytocine pour traiter les dysfonctionnements sociaux

Dans le cadre de ces travaux, des chercheurs de l’université de Tsukuba (Japon) ont voulu examiner les bénéfices cliniques potentiels d’interventions alternatives non pharmacologiques incitant l’organisme à produire naturellement davantage d’ocytocine. Cette « hormone de l’amour » constitue une cible pharmacologique potentielle pour traiter les dysfonctionnements sociaux (difficultés à socialiser et à tisser des liens avec autrui), qui sont liés à des troubles psychiatriques, comme la dépression, le trouble d’anxiété sociale, la schizophrénie et le stress post-traumatique. Pour rappel, l’ocytocine joue un rôle clé dans l’empathie, l’affection, la confiance et d’autres aspects du lien social. « Toutefois, les essais cliniques portant sur l’ocytocine intranasale ont donné des résultats modestes et incohérents. »

Étant donné que de précédentes études ont montré que des contacts physiques répétés et étroits avec autrui peuvent favoriser la libération d’ocytocine dans l’organisme, l’équipe a voulu déterminer la quantité d’interaction directe nécessaire pour se sentir liés aux autres. « En tant que judoka », Takashi Matsui, qui a dirigé les travaux, a pensé directement au sport, qui est « non seulement un moyen de développement personnel, mais aussi un vecteur d’unité, d’empathie et de bénéfice mutuel. »

Pour les besoins des recherches, 60 personnes ont été recrutées pour assister à un match de basketball universitaire. Avant, pendant et après chaque match, les scientifiques ont recueilli trois types de mesures physiologiques auprès des spectateurs. Ils ont prélevé des échantillons de salive pour mesurer les taux d’ocytocine et de cortisol (lié au stress) dans l’organisme. La fréquence cardiaque des participants a également été enregistrée en continu à l’aide de capteurs portables. À la fin de l’intervention, les volontaires ont répondu à un questionnaire sur leur expérience du match, notamment sur le plaisir qu’ils en retiraient, leur intention d’y assister à nouveau et le sentiment d’unité ressenti avec les autres spectateurs.

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