Santé & Bien-être

Autisme : pourquoi le cerveau reconnaît-il les visages autrement ?

Une étude de Yale révèle que les différences de traitement des visages chez les enfants autistes apparaissent plus tôt qu’on ne le pensait. Cette découverte pourrait améliorer le diagnostic et favoriser des accompagnements plus précoces. 

L’ESSENTIEL
• Une étude montre que le cerveau des enfants autistes traite les visages différemment dès les premières étapes de la perception.
• Il apparaît que les signaux cérébraux liés à la perception des visages sont moins distincts chez les enfants autistes.
• Ces résultats pourraient déboucher sur de nouveaux biomarqueurs pour améliorer le diagnostic et l’accompagnement de l’autisme.

Dès les premiers instants où l’on rencontre une personne, notre cerveau analyse son visage. Mais chez les enfants autistes, ce mécanisme semble suivre une trajectoire différente, bien avant ce que les scientifiques imaginaient. Une vaste étude menée par l’Université de Yale, aux Etats-Unis, apporte aujourd’hui un nouvel éclairage sur cette spécificité.

Des différences qui apparaissent très tôt

Dans le cadre de leurs travaux, publiés dans la revue Nature Mental Health, les chercheurs ont étudié près de 400 enfants autistes et neurotypiques. Contrairement aux études précédentes, limitées à quelques zones cérébrales, les scientifiques ont enregistré l’activité électrique de l’ensemble du cuir chevelu grâce à un électroencéphalogramme (EEG) équipé de 128 électrodes. Ils ont ensuite utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour déterminer, à partir des signaux cérébraux, si les participants regardaient un visage ou un objet. « C’est la première fois que nous exploitons toute la richesse des informations d’un enregistrement EEG pour comprendre la perception des visages dans l’autisme », souligne James McPartland, co-auteur des travaux, dans un communiqué.

Résultat, il apparaît que les signaux cérébraux liés à la perception des visages sont moins distincts chez les enfants autistes. Autre constat : alors que chez les enfants neurotypiques, ces signatures cérébrales deviennent de plus en plus spécialisées avec l’âge, cette évolution n’est pas observée chez les enfants autistes. Selon le professeur Jason Griffin, qui a participé à l’étude, « l’activité cérébrale que nous enregistrons à la surface du cuir chevelu est tout simplement moins distincte chez les enfants autistes ».

Vers de nouveaux outils de diagnostic ?

Ces travaux pourraient ouvrir la voie à de nouveaux biomarqueurs permettant d’affiner le diagnostic de l’autisme, aujourd’hui essentiellement fondé sur l’observation des comportements. Ils pourraient aussi aider à identifier les enfants susceptibles de bénéficier d’un accompagnement précoce pour mieux décoder les expressions faciales.

Les chercheurs rappellent que, si toutes les personnes autistes ne souhaitent pas ou n’ont pas besoin d’intervention, certaines en revanche ont des difficultés à interpréter les visages, ce qui complique les interactions sociales, à l’école comme dans la vie professionnelle. « Imaginez devoir évoluer au quotidien alors qu’il vous est difficile de percevoir les informations présentes sur le visage des autres, que ce soit dans une cour de récréation ou lors d’un entretien d’embauche », insiste James McPartland.

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