Santé & Bien-être

Bronchiolite bébé : symptômes, hospitalisation, que faire ?

[EPIDEMIE BRONCHIOLITE 2023] Pour la cinquième semaine consécutive, les passages aux urgences et les hospitalisations pour bronchiolite diminuent chez les enfants de moins de deux ans en France métropolitaine et l’Île-de-France et la Normandie passent en phase post-épidémique. Le point sur les symptômes et les bons gestes à connaître pour soigner votre bébé.

Où en est l’épidémie de bronchiolite en France ?

En semaine 01, l’épidémie de bronchiolite se poursuit chez les enfants de moins de 2 ans en France métropolitaine ainsi qu’en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à Mayotte, annonce Santé Publique France dans son bulletin épidémiologique du 11 janvier 2023. En S01, les cas de bronchiolite représentent 13% des hospitalisations suite à un passage aux urgences chez les enfants de moins de 2 ans, soit une baisse de 41% par rapport à la S52.

Santé Publique France note également une poursuite de la diminution des passages aux urgences et des hospitalisations après passages aux urgences pour bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans en France métropolitaine, et ce pour la cinquième semaine consécutive. L’Île-de-France et la Normandie passent en phase post-épidémie.

La bronchiolite touche quasi exclusivement les bébés de moins de 1 an. Santé Publique France précise que parmi les 2 221 enfants de moins de 2 ans vus aux urgences pour bronchiolite en semaine 01 (du 2 au 8 janvier 2023), 94% (2 089) étaient âgés de moins de 1 an et 40% (897) ont été hospitalisés. Parmi les 897 enfants hospitalisés, 851 (95%) étaient âgés de moins de 1 an.

>> Plan blanc activé en novembre. Suite à cette hausse de cas de bronchiolites, le ministre de la Santé, François Braun, avait déclenché le plan blanc le 9 novembre. Et le 22 novembre, le niveau 2 du plan « Hôpital en tension » a été activé dans les hôpitaux de Paris et d’Île-de-France pour faire face à l’afflux de patients, alors même que le ministre de la Santé venait de débloquer une enveloppe supplémentaire de 543 millions d’euros pour l’hôpital public. Concrètement, « cela signifie que les cellules de crise des 38 hôpitaux qui composent l’AP-HP sont amenés à se réunir plus souvent et, surtout, que les déprogrammations d’opérations non-urgentes vont se multiplier dans les prochains jours« , indiquent nos confrères de France Inter.

>> Une épidémie de grande ampleur. Au cours de l’hiver dernier (la saison 2020-2021), 6,4% des passages totaux aux urgences chez les enfants de moins de 2 ans ont concerné la bronchiolite, une tendance en forte diminution par rapport aux précédentes saisons. Mais selon les autorités sanitaires, cette épidémie de grande ampleur intervient dans un contexte de levée des mesures barrières, du fait de la moindre stimulation immunitaire induite par la faible circulation du virus au cours de l’hiver 2020-21. « Un tel phénomène a été observé en Australie qui a rapporté une épidémie d’intensité inhabituelle« , souligne Santé publique France.

Qu’est-ce que la bronchiolite ?

La bronchiolite (ou « bronchiolite aiguë du nourrisson » en langage médical) est une infection virale qui atteint principalement les enfants âgés de moins de 2 ans. Loin d’être rare, elle touche chaque année 3 bébés sur 10 en France, avec 480 000 cas annuels enregistrés en moyenne.

Si la bronchiolite touche de manière privilégiée les nourrissons et non les enfants plus grands et les adultes, c’est en raison de la présence d’anticorps uniquement présents chez bébés, ont expliqué des chercheurs de l’Institut Pasteur, dans une étude publiée en 2017.

À savoir. Le « pic épidémique » de la maladie s’étend généralement de novembre à février : c’est donc là qu’il faut être vigilant !

Quels sont les symptômes chez le nourrisson ?

Les symptômes de la bronchiolite du nourrisson sont facilement reconnaissables :

  • Un rhume avec une petite fièvre (supérieure à 37,5°C),
  • Une toux sèche,
  • Une respiration sifflante,
  • Des difficultés à s’alimenter.

« Au tout début, bébé a le nez qui coule et une petite fièvre » explique le Dr Sydney Sebban, pédiatre et coordinateur médical du réseau Bronchiolite Île-de-France. Mais très vite, le virus, entré dans les bronchioles, ces fines bronches qui apportent l’air dans les poumons, crée une inflammation. Cette dernière provoque à son tour une hypersécrétion de mucus qui va boucher les bronchioles. Votre bébé est gêné pour respirer. Il tousse, sa respiration se fait rapide et parfois sifflante.

C’est grave ? Malgré des symptômes parfois impressionnants, la bronchiolite est une maladie bénigne. Les symptômes se calment (sans traitement) en l’espace de quelques jours, et l’enfant guérit sous 8 à 10 jours bien que la toux puisse persister une quinzaine de jours.

Attention, direction les urgences si :

  • La fièvre dure plus de 48 heures ;
  • Le bébé est très somnolent ;
  • Il prend moins de 50 % de ses biberons ;
  • Il a moins de deux mois ;
  • ses pleurs sont excessifs ;
  • Il est né prématurément ;
  • Il est atteint d’une maladie chronique ;
  • Il a de plus en plus de mal à respirer.

Comment éviter la bronchiolite ?

Les pédiatres de l’Association française de pédiatrie ambulatoire rappellent que pour protéger les plus petits et les plus vulnérables, il est urgent de renforcer les mesures barrière qui ont montré leur efficacité pendant la pandémie de covid-19 : aération des locaux, hygiène des mains, port du masque pour limiter la transmission du virus, distanciation.

Pour éviter la bronchiolite, les parents de nourrissons peuvent également :

  • Limiter les visites au cercle des adultes très proches et non malades, pas de bisous ni passage de bras en bras, pas de visite de jeunes enfants avant l’âge de 3 mois ;
  • Se laver les mains avant et après contact avec le bébé (notamment au moment du change, de la tétée, du biberon ou du repas) ;
  • Laver régulièrement jouets et doudous ;
  • Porter soi-même un masque en cas de rhume, de toux ou de fièvre ;
  • Si le reste de la fratrie présente des symptômes d’infection virale, les tenir à l’écart du bébé à la phase aiguë de l’infection ;
  • Éviter au maximum les réunions de familles, les lieux très fréquentés et clos comme les supermarchés, les restaurants ou les transports en commun, surtout si l’enfant a moins de trois mois ;
  • Aérer quotidiennement le lieu de vie de l’enfant, en particulier la chambre où il dort ;
  • Éviter l’entrée en collectivité (crèches, garderies…) avant 3 mois, ne pas confier son enfant en collectivité les jours où il présente des symptômes d’infection virale ;
  • Prévoir ses premières vaccinations sans retard afin qu’il soit protégé au plus vite des infections sévères de la petite enfance ;
  • Être soi-même à jour de ses vaccinations contre la coqueluche, se faire vacciner contre la grippe (idéalement pendant la grossesse en saison épidémique) ;

Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie, et cheffe du service des urgences pédiatriques du CHU de Nantes invitait en octobre 2021 sur France Info, à protéger les bébés de la bronchiolite en limitant « les visites au cercle des adultes très proches, non malades ». Elle conseille également « dans la mesure du possible », de ne pas prendre les transports en commun, de ne pas aller au supermarché ou au restaurant avec les bébés. « Ce sont effectivement des endroits où les virus circulent beaucoup, et qui n’ont absolument aucun intérêt pour un jeune enfant de moins de deux mois. Dans la mesure du possible, il faut s’organiser pour éviter les endroits où il y a beaucoup de monde, et bien évidemment aussi les grandes fêtes de famille. »

Quelle conduite à tenir en cas de bronchiolite chez un bébé ?

Pas de médicaments en cas de bronchiolite chez le nourrisson : selon la Haute Autorité de Santé (HAS),  » les bronchodilatateurs, l’adrénaline, le sérum salé hypertonique n’ont pas d’indication dans cette maladie « . Les antibiotiques ne sont convoqués que dans de rares cas de surinfection bactérienne – on rappelle qu’ils ne fonctionnent pas sur les virus !

À éviter… Les techniques de kinésithérapie respiratoire traditionnelles (clapping ou vibrations) sont « contre-indiquées« . La technique de l’augmentation du flux expiratoire (AFE) n’a « pas fait la preuve de son efficacité » et « n’est donc pas recommandée« .

Pour venir à bout de cette maladie (qui est bénigne dans l’immense majorité des cas) la HAS ne recommande que le lavage de nez et une surveillance particulière du petit malade.

À savoir. Il faut aller chez le médecin rapidement si l’enfant du mal à respirer et/ou s’il ne boit plus. Il faut appeler les secours (15 ou 112) si l’enfant a la bouche bleuâtre, s’il fait des malaises, s’il dort tout le temps ou s’il semble faire de l’apnée de temps en temps !

En vidéo, 3 idées fausses sur la maladie

Y a-t-il un vaccin contre la bronchiolite ?

Le laboratoire français Sanofi, en collaboration avec le laboratoire AstraZeneca, a annoncé début septembre qu’il était en train de travailler à la mise au point d’un vaccin contre la bronchiolite du nourrisson. Ce vaccin, baptisé « Nirsevimab », a été testé sur 2300 enfants, et son efficacité est estimée à 79,5 %. Mais comme les essais cliniques de phase 3 en sont encore à leurs tout débuts, le vaccin ne devrait pas être disponible avant 2023. L’Agence européenne du médicament doit d’abord se prononcer sur sa mise en marché.

La bronchiolite est-elle contagieuse ? Comment elle se transmet ? Quelle durée ?

La bronchiolite est une maladie « extrêmement » contagieuse, selon l’Assurance Maladie. Le virus peut se transmettre de deux manières :

  • La contagion peut se faire directement de personne à personne, par les sécrétions bronchiques (éternuements, postillons, toux, mouchage…) ou un contact entre personnes (baiser),
  • Indirectement, par l’intermédiaire des mains ou d’objets souillés par la salive (jouets, linges de toilette, aliments ou boissons contaminés…).

Quelle durée ? Sans complications, la bronchiolite guérit en 7 à 10 jours.

Quels sont les traitements de la bronchiolite ?

Le traitement de la bronchiolite du bébé consiste essentiellement à traiter les symptômes : lavage du nez avec du sérum physiologique, si nécessaire, apport supplémentaire d’oxygène. La kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée depuis 2020. « Les médicaments bronchodilatateurs et les mucolytiques n’ont également aucune utilité dans le traitement de la bronchiolite« , explique l’Assurance maladie. Par ailleurs, les antitussifs, les expectorants et les fluidifiants sont contre indiqués chez l’enfant de moins de 2 ans.

Enfin, la bronchiolite étant due à un virus, le traitement antibiotique n’a aucun effet. Les antibiotiques ne sont prescrits qu’en cas de surinfection bactérienne.

Selon l’âge de votre nourrisson, son état de santé et la gravité de la bronchiolite, votre médecin juge de la nécessité d’une éventuelle hospitalisation de votre nourrisson pour surveillance.

Si la bronchiolite n’est pas sévère (donc ne nécessite pas d’hospitalisation) votre médecin vous donne des conseils pour assurer la surveillance de votre enfant tout particulièrement au cours des deux premiers jours. Il vous explique également les signes d’alerte devant faire consulter de nouveau et reprogramme, si nécessaire, une nouvelle consultation pour vérifier que la bronchiolite est en voie de guérison.

Ne cherchez pas des « remèdes naturels« , la bronchiolite peut être sévère si elle n’est pas prise en charge. Une consultation est indispensable.

À retenir :

  • Veillez à ce que votre enfant respire correctement : désencombrez son nez avant les repas et régulièrement (autant de fois que nécessaire) en faisant des lavages de nez ; lorsqu’il est éveillé, gardez votre enfant droit, cela peut l’aider à mieux respirer ; évitez d’exposer votre enfant au tabagisme passif. Lire aussi : Comment moucher bébé ?
  • Veillez à fractionner ses repas afin qu’il continue à s’alimenter malgré la baisse d’appétit et proposez-lui fréquemment de l’eau.
  • En cas de fièvre, habillez-le légèrement et surveillez sa température. Sauf contre-indication, donnez-lui du paracétamol si nécessaire. Ne surchauffez pas sa chambre (19°C max). Lire aussi : Fièvre du bébé, quand aller aux urgences ?
  • Soyez attentif à tout changement de comportement (le bébé bouge moins, réagit moins…).

Quand consulter de nouveau le médecin ou faire le 15 ?

Pendant la durée de la bronchiolite et tout particulièrement les deux premiers jours, surveillez l’état de santé de votre nourrisson et reconsultez votre médecin si :

  • Votre enfant présente un battement des ailes du nez, un tirage intercostal (pour respirer il creuse son thorax) ou se met à respirer plus rapidement ;
  • Sa température augmente ;
  • Vous ne parvenez pas à le nourrir ou à le faire boire suffisamment pour qu’il soit bien hydraté ;
  • Votre enfant change de comportement (il pleure, il est moins réactif…)

Sources :

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