
Le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), M. Si El Hachemi Assad, a appelé jeudi à El Bayadh à conjuguer les efforts de tous les acteurs afin d’exploiter les manuscrits amazighs rédigés en caractères arabes, dans le cadre de la préservation de la mémoire collective de la nation.
Dans une déclaration à l’APS, en marge des séances de travail de coordination ayant réuni le HCA et les autorités locales de la wilaya pour préparer le colloque national sur le manuscrit amazigh prévu en juin prochain dans la commune de Boussemghoun (wilaya déléguée d’El Abiodh Sidi Cheikh), M. Assad a indiqué qu’il existe » un immense fonds de manuscrits écrits en amazigh et transcrits en caractères arabes. Ces manuscrits sont dispersés à travers différentes régions du pays et conservés par des familles qui les transmettent de génération en génération, sans inventaire scientifique ni catalogage précis ».
Il a ajouté que »ces manuscrits témoignent avant tout de l’intelligence et de la sagesse de nos ancêtres, qui ont su inventer des moyens efficaces pour préserver, documenter et transmettre la langue amazighe à travers les générations.
Dans leur contexte historique et culturel, ils ont choisi les caractères arabes comme outil d’écriture et de transcription », soulignant que cela »a permis de sauvegarder un contenu linguistique et culturel authentique et d’assurer la continuité de la langue amazighe dans différentes régions du pays. Ils constituent ainsi un témoignage vivant de la vitalité de cette langue et de sa capacité d’adaptation et de renouvellement ».
M. Assad a également expliqué qu’ » une partie importante de ce patrimoine manuscrit a subi, durant la période coloniale française, des actes de destruction, de pillage et de trafic, entraînant la perte de trésors de savoir et de documents rares qui retraçaient des aspects essentiels de notre histoire, de nos langues et de notre culture ».
Il a précisé que »ce qu’il reste aujourd’hui de ces manuscrits revêt une valeur encore plus grande et nécessite une protection urgente, en tant que témoignage vivant de la profondeur de notre civilisation et de la continuité de notre mémoire collective ».
Le même responsable a ajouté que ces manuscrits »constituent une part authentique de notre mémoire nationale et un trésor civilisationnel inestimable. Ils possèdent une grande valeur historique, linguistique et scientifique et représentent un matériau de recherche exceptionnel ouvrant un vaste champ d’étude qui reste encore à explorer ».
Selon M. Assad, ces manuscrits permettront »de découvrir des mots, expressions, tournures et styles linguistiques authentiques, dont certains ont disparu ou sont devenus rares. Ils permettront également de retracer l’évolution de la langue amazighe à travers les différentes régions d’Algérie, de la Kabylie aux Aurès, du M’zab aux Touaregs, des Chaouis aux Chenouis, ainsi que d’autres variantes linguistiques qui constituent une richesse exceptionnelle de notre identité culturelle et civilisationnelle commune ».
A noter que ce colloque, prévu les 7 et 8 juin prochain, connaîtra la participation d’universitaires, de chercheurs, d’experts et de spécialistes des manuscrits, ainsi que d’acteurs de la société civile impliqués dans ce domaine scientifique et culturel.
Des conférences, des communications et des ateliers spécialisés dans la restauration, la conservation et la numérisation des manuscrits familiaux de la région seront organisés.
Des espaces dédiés au livre amazigh, ainsi qu’aux principales publications du Haut-Commissariat à l’Amazighité et de plusieurs maisons d’édition publiques et privées seront également prévus, selon la même source.


