Maux de ventre, migraines, nausées ou fatigue inexpliquée : certains enfants expriment leur mal-être à travers leur corps alors qu’aucune cause médicale n’est retrouvée. Pourtant, l’absence de cause physique ne signifie pas que la souffrance n’est pas réelle. Face à ces manifestations, l’objectif n’est pas de chercher un responsable, mais de comprendre le message que le corps tente de transmettre.
Comprendre le langage du corps
Quand les médecins confirment qu’aucune maladie n’explique les symptômes de leur enfant, certains parents peuvent se sentir démunis, voire penser qu’il exagère. Pourtant, un enfant qui somatise ne joue pas la comédie : il ressent véritablement ses douleurs.
La somatisation correspond à l’expression physique d’une souffrance émotionnelle. Le cerveau et le corps communiquent en permanence, et chez l’enfant, dont les capacités d’expression émotionnelle sont encore en construction, cette communication passe parfois davantage par les sensations que par les mots. Un changement d’école, des tensions familiales, la peur de l’échec ou des difficultés relationnelles peuvent ainsi se traduire par des douleurs bien réelles.
Ouvrir un espace de parole sans jugement
L’une des aides les plus précieuses que peuvent offrir les parents est de reconnaître la souffrance de leur enfant sans la minimiser. Dire « ce n’est rien » ou « tout va bien puisque les examens sont normaux » part souvent d’une intention rassurante, mais peut parfois lui donner le sentiment de ne pas être compris.
Il est généralement plus aidant de lui montrer que l’on prend ses ressentis au sérieux tout en le rassurant. On peut par exemple lui dire : « Je vois que tu as mal, essayons de comprendre ensemble ce qui pourrait te préoccuper », puis lui donner un espace où il se sent libre d’exprimer ce qu’il vit, sans pression ni interrogation excessive. Certains se confient mieux lors d’une promenade, au moment du coucher ou pendant une activité calme, mais cela peut aussi passer par le dessin, le jeu ou les histoires.