Santé & Bien-être

Pourquoi les anxieux redoutent toujours le pire ?

Héritiers d’un système de survie extrêmement performant, nous avons parfois du mal à distinguer les véritables dangers des incertitudes du quotidien.


L’ESSENTIEL
  • Le cerveau conserve une programmation ancestrale de repérage d’une éventuelle menace.
  • En imaginant le pire, le cerveau croit se préparer à l’éventualité d’une mauvaise nouvelle.
  • Il peut être utile de considérer la crainte du pire comme le signal d’un cerveau qui cherche simplement à nous protéger.

Un message resté sans réponse, une douleur inhabituelle ou un rendez-vous important à venir peuvent faire imaginer le pire quand on est anxieux(se). Bien que désagréable, ce « biais de négativité » n’est pas là pour nous nuire, mais pour nous protéger.

Un cerveau programmé pour détecter les dangers

Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter à l’époque de nos ancêtres : dans un environnement où les dangers étaient nombreux, il était préférable de repérer une menace qui n’existait pas plutôt que de manquer un danger réel. Si nos ancêtres interprétaient un bruit suspect comme la présence d’un prédateur, ils augmentaient alors leurs chances de survie.

Notre cerveau moderne conserve encore cette programmation. Même si, bien sûr, nous ne sommes plus confrontés quotidiennement à des lions cachés dans les hautes herbes, notre système d’alerte fonctionne toujours de la même manière. La différence est que les menaces sont aujourd’hui davantage sociales, professionnelles ou émotionnelles.

L’incertitude nourrit l’anxiété

Si notre cerveau apprécie les réponses claires et prévisibles, à l’inverse, l’incertitude crée une forme d’inconfort que certaines personnes supportent difficilement. C’est pourquoi, quand il manque des informations, notre esprit cherche naturellement à combler les vides. Chez les personnes anxieuses, ce remplissage s’effectue souvent avec des scénarios pessimistes.

En imaginant le pire, le cerveau croit se préparer à l’éventualité d’une mauvaise nouvelle et tente ainsi de reprendre le contrôle de la situation. C’est ce qui peut se produire quand on attend les résultats d’un examen médical, d’un entretien d’embauche ou d’un concours, et qu’on se persuade de l’échec ou du diagnostic le plus inquiétant. Malheureusement, cette stratégie produit surtout davantage de stress et de souffrance dans le présent.

Apprendre à dialoguer avec son cerveau plutôt qu’à le combattre

Pour apaiser ce fonctionnement, il est important de modifier la façon dont on lui répond. Plutôt que de se critiquer ou de lutter contre ces pensées, il peut être utile de les considérer comme le signal d’un cerveau qui cherche simplement à nous protéger. Quand le scénario catastrophe surgit, on peut prendre un moment pour s’interroger : quelles sont les preuves réelles qui soutiennent cette hypothèse ? Existe-t-il d’autres explications possibles ?

Le soutien des proches et, éventuellement, d’un professionnel de santé mentale peut aussi aider à exprimer ses inquiétudes dans un climat d’écoute et de bienveillance. Prendre du recul et mettre ses peurs en mots permet parfois de réaliser que la réalité est bien moins menaçante que ce que notre imagination nous laissait croire.

En savoir plus :  » Psychologie de la peur » de Christophe André.

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