
À l’occasion de la Journée nationale de l’eczéma, célébrée le 6 juin en France, les spécialistes rappellent l’ampleur de cette maladie inflammatoire chronique de la peau qui concernerait plus de trois millions de personnes. Le point sur ses causes, ses manifestations et ses traitements avec le Dr Bruno Halioua, dermatologue à Paris.
L’eczéma atopique est une affection complexe, d’origine multifactorielle. Il résulte d’une combinaison de facteurs génétiques, immunitaires et environnementaux. Le risque est notamment plus élevé lorsqu’un des parents souffre d’eczéma, d’asthme ou de rhinite allergique. L’environnement de vie, le climat, l’alimentation ou encore le mode de vie peuvent également influencer son apparition ou son évolution.
Cette maladie se caractérise par une altération de la barrière cutanée. La peau devient plus sèche, perd de l’eau et laisse pénétrer plus facilement les allergènes, irritants et microbes, favorisant ainsi les inflammations. Les symptômes sont généralement reconnaissables : plaques rouges, démangeaisons intenses et peau granuleuse au toucher.
Les localisations varient selon l’âge. Chez le nourrisson, les lésions touchent principalement le visage, notamment les joues et le front. Chez l’enfant et l’adulte, elles apparaissent plus souvent dans les plis des coudes et des genoux, ainsi que sur les mains, les poignets, les paupières ou encore le cou. Ces zones fragiles, où la peau est plus fine, sont particulièrement exposées aux poussées.
Il est important de distinguer l’eczéma atopique de l’eczéma de contact. Le premier est une maladie chronique liée à une prédisposition génétique et évolue par poussées dès l’enfance. Le second apparaît en réaction directe à un allergène ou un irritant précis, comme des cosmétiques, des bijoux ou des produits ménagers.
Le stress joue également un rôle aggravant. Sans être une cause directe, il peut déclencher ou intensifier les poussées, notamment lors de périodes d’anxiété ou de surcharge émotionnelle. L’eczéma résulte ainsi d’une interaction entre la barrière cutanée, le système immunitaire et le système nerveux.
La prise en charge repose avant tout sur des mesures d’hygiène et de prévention : éviter le grattage, hydrater quotidiennement la peau avec des émollients, privilégier des douches courtes avec des produits doux et sans parfum, et éviter les textiles irritants comme la laine. Les dermocorticoïdes sont utilisés uniquement sur prescription et sur les zones atteintes.
Dans les formes sévères, des traitements plus avancés sont désormais disponibles. Les biothérapies, notamment le dupilumab, ainsi que les inhibiteurs de JAK, ont profondément transformé la prise en charge de la maladie. Ils permettent de réduire les démangeaisons, d’améliorer la qualité de vie et de diminuer les lésions cutanées.
Au-delà de la peau, l’eczéma a un impact important sur la vie quotidienne : troubles du sommeil, fatigue, baisse de concentration, gêne sociale et atteinte de l’image de soi. C’est pourquoi les dermatologues insistent aujourd’hui sur une prise en charge globale, intégrant non seulement le traitement médical mais aussi le bien-être psychologique et la qualité de vie des patients.


