En consommant des œufs dès les premiers mois de leur vie, les nourrissons auraient moins de risque de développer plus tard une allergie à ce superaliment, selon une étude. C’est d’autant plus vrai pour les bébés atteints d’eczéma.
L’ESSENTIEL
- Introduire les œufs durant la première année de vie est associé à une baisse de 17 % des allergies à l’œuf chez les enfants australiens.
- La diminution atteint même 35 % à 22 % chez les bébés souffrant d’eczéma.
- Les recommandations actuelles préconisent d’introduire précocement certains aliments allergènes.
Loin d’augmenter les risques, l’introduction précoce de certains aliments allergènes peut entraîner progressivement le système immunitaire du nourrisson et réduire le risque d’allergies alimentaires. C’est, en substance, la conclusion d’une vaste australienne menée sur 7.200 enfants : introduire les œufs dès la première année de vie pourrait bien éviter à votre progéniture d’y devenir allergique. Pour rappel, l’allergie à l’œuf reste l’une des allergies alimentaires les plus fréquentes dans l’enfance : sa prévalence est estimée à environ 9,5% de la population infantile en France (et 1,5% de la population générale).
Une baisse de 17 % des allergies à l’œuf
L’étude, menée par des chercheurs de l’Université du Queensland et du Murdoch Children’s Research Institute, a évalué l’impact des recommandations introduites en 2016, qui encouragent les parents à proposer de l’œuf au cours des premiers mois du bébé. Les résultats, publiés dans la revue JAMA Pediatrics, sont sans appel : les allergies à l’œuf ont chuté de 17 % depuis l’adoption de ces nouvelles directives.
« C’est, à notre connaissance, la première étude montrant une réduction de l’allergie à l’œuf à l’échelle de la population après l’introduction des nouvelles mesures », affirme Jennifer Koplin, professeure à l’Université du Queensland, dans un communiqué. Elle rappelle que « l’Australie affiche l’un des taux d’allergies alimentaires les plus élevés au monde, avec un nourrisson sur dix allergique à un ou plusieurs aliments ».
Les chercheurs ont constaté que les effets étaient encore plus marqués chez les nourrissons atteints d’eczéma, un facteur de risque bien connu de développement d’allergies alimentaires. Dans ce groupe, la proportion d’enfants allergiques à l’œuf est ainsi passée de 35 % à 22 % après l’application des nouvelles recommandations.