Santé & Bien-être

Cancer du col de l’utérus : comment l’Angleterre a gagné la bataille

Le nombre de cas de cancers du col de l’utérus s’est effondré au Royaume-Uni. Une étude parue dans The Lancet fait le point sur cette victoire.


L’ESSENTIEL

  • L’Angleterre a lancé un programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) dans ses collèges au milieu des années 2000.
  • Il a porté ses fruits : une baisse de 80 % des décès par cancer du col de l’utérus entre 2015 et 2019, et l’absence de décès entre 2020 et 2024 chez les jeunes femmes de 20 à 24 ans vaccinées entre 12 et 18 ans ont été observés.
  • En France, le taux de vaccination des jeunes filles était de seulement 48 % en 2024 et de 24,5 % pour les garçons.

80 % de morts par cancer du col de l’utérus en moins entre 2015 et 2019, et pas de décès entre 2020 et 2024 chez les jeunes femmes de 20 à 24 ans vaccinées contre le HPV à l’adolescence. Comment le Royaume-Uni est parvenu à enregistrer une telle victoire sur la maladie ? Pour l’étude, parue dans The Lancet le 17 juin 2026, pas de doute : cette avancée a été portée par la campagne de vaccination généralisée contre les cancers liés aux papillomavirus humains, mise en place au milieu des années 2000.

La vaccination contre le HPV a protégé les jeunes Anglaises

Le Royaume-Uni a lancé son programme de vaccination contre le VPH à l’école en septembre 2008. Ce dernier a tout d’abord ciblé les jeunes filles âgées de 12 à 13 ans avant de l’étendre aux garçons du même âge en 2019. Un programme de rattrapage pour vacciner les filles âgées de 14 à 18 ans a aussi été mis en place en 2008-2009 et 2009-10. Ce qui conduit le pays à afficher une couverture vaccinale proche des 90 % (avant la pandémie).

Pour les auteurs de l’étude, la vaccination contre le HPV a joué un rôle essentiel dans la forte baisse de la mortalité par cancer du col de l’utérus et est ainsi une stratégie de prévention du cancer très efficace. Mais ils précisent que d’autres facteurs ont aussi pu contribuer à cette forte baisse de la mortalité comme l’amélioration et l’élargissement du dépistage du cancer du col de l’utérus.

Dr Allison Portnoy précise par ailleurs, dans un commentaire accompagnant l’étude, que l’immunité collective pourrait également avoir contribué à cette diminution. En effet, les personnes vaccinées contre le VPH sont moins susceptibles de transmettre le virus à des personnes non vaccinées.

L’experte prévient que ces bons chiffres ne doivent pas conduire à une baisse des efforts. Ils soulignent, selon elle, « l’importance du maintien des investissements des pays dans les programmes nationaux de vaccination et de dépistage du cancer, ainsi que la nécessité de vacciner dès le plus jeune âge ».

« Sans investissements concertés dans ces mesures préventives, les inégalités d’accès au vaccin contre le VPH continueront de se creuser, notamment dans les pays à faible revenu où les taux d’infection par le VPH sont les plus élevés », ajoutent les experts dans un communiqué.

L’Angleterre n’est pas le seul pays à être parvenu à protéger les jeunes femmes contre le cancer du col de l’utérus. Le Danemark estime de son côté que, grâce à la vaccination et à la prévention, la maladie sera éradiquée sur son sol d’ici 2040. La Suède, où la couverture vaccinale est aussi élevée, a un objectif encore plus proche : 2027.

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