Santé & Bien-être

Cerveau : pourquoi a-t-on faim après un effort intellectuel ?

Une étude française révèle que le cerveau peut déclencher une sensation de faim sans besoin énergétique réel. En cause : un mécanisme lié à la mémoire, qui pourrait expliquer les fringales après un effort intellectuel.


L’ESSENTIEL

  • Le cerveau peut induire une fausse sensation de faim.
  • Ce mécanisme est lié à la mémoire et à l’apprentissage.
  • Il pourrait expliquer certaines fringales après un effort intellectuel.

Avez-vous déjà ressenti une fringale après une grosse session de travail sur votre ordinateur, alors même que vous n’étiez pas vraiment en manque d’énergie ? Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature lève le voile sur un mécanisme étonnant, observé chez la mouche drosophile : le cerveau est capable d’induire un faux signal de faim pour favoriser la mémoire.

Apprentissage et faux signal de faim

Traditionnellement, la faim est considérée comme un mécanisme biologique très basique : l’organisme signale un manque d’énergie et incite à manger. « Le lien entre nutrition et comportement est bien connu : à jeun, nous avons tendance à privilégier des décisions favorisant l’accès à la nourriture », rappelle un communiqué du CNRS vulgarisant les travaux. Ainsi, chez la drosophile, des neurones spécifiques détectent le fructose après ingestion de sucre. Activés en cas de jeûne, ils stimulent l’appétit ; inhibés en cas de satiété, ils le freinent. Mais ce modèle, qui correspond à une régulation dite « homéostatique », est aujourd’hui remis en question. D’après la nouvelle étude, menée par l’équipe de Thomas Préat et Pierre-Yves Plaçais (CNRS, ESPCI Paris), ces neurones jouent aussi un rôle clé dans la mémoire.

Lors d’expériences d’apprentissage dit aversif (associant une odeur à une décharge électrique), les chercheurs ont observé un phénomène inattendu : des mouches pourtant rassasiées présentaient une activité cérébrale identique à celle de mouches affamées. « Au cours du conditionnement, un système se met en place, qui biaise la perception de l’état interne par le cerveau », explique Pierre-Yves Plaçais, cité par Le Monde. Même constat pour Emmanuel Périsse, du CNRS : « L’apprentissage aversif semble modifier l’activité des neurones sensibles au fructose de la même manière que le jeûne ».

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