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Fruits très prisés par les oranais en été : les figues de Barbarie réapparaissent sur les étals

Les figues de Barbarie réapparaissent enfin sur les étals oranais. Cette rareté a fait grimper les prix qui affichent entre 30 à 40 dinars l’unité. Les étals colorés des marchés, habituellement garnis de figues de Barbarie en cette mi-juillet, affichent cette année une situation inhabituelle.

Le fruit emblématique de l’été, prisé pour sa fraîcheur et ses vertus diurétiques, s’est fait rare, laissant les consommateurs oranais perplexes. Contrairement aux saisons précédentes, où les pyramides de fruits verts et jaunes attiraient les chalands, les marchands ne proposent rarement des figues de Barbarie en ce mois de juillet. Une rareté qui interroge d’autant plus que ce fruit est traditionnellement indissociable des chaleurs estivales dans la région. Les spécialistes de la protection des végétaux sont formels : l’unique responsable de cette rareté est la baisse de production. La baisse de production est imputable à un insecte parasite, la cochenille du cactus (Dactylopius opuntiae). Apparu il y a quelques années dans l’Oranie, ce fléau s’est propagé à une vitesse fulgurante, profitant du vent, des animaux et des oiseaux pour sauter d’un champ à l’autre. Ces nuisibles s’agglutinent sur les raquettes des cactus, aspirant la sève vitale jusqu’à blanchir les tissus et dessécher la plante entière. Aggravée par les fortes chaleurs et le manque d’eau, qui affaiblissent les défenses naturelles du cactus, l’invasion transforme peu à peu les vergers en cimetières de raquettes momifiées. Sans la plante hôte, le fruit ne peut tout simplement pas pousser, anéantissant ainsi la récolte estivale traditionnelle. Pour tenter d’endiguer la catastrophe, l’Institut National de la Protection des Végétaux (INPV) et les services agricoles ont déclenché une stratégie d’urgence radicale. Sur le terrain, les équipes procèdent à la profilaxie sanitaire pour protéger les cactus. Des contrôles stricts sont mis en place, afin d’éviter que le parasite ne colonise de nouvelles zones encore épargnées. Parallèlement, les chercheurs planchent sur des solutions durables, mais l’heure est à la lutte agressive pour sauver ce qui peut encore l’être. Les autorités agricoles ont ainsi ordonné l’éradication systématique des foyers contaminés, notamment dans les fiefs producteurs de l’Ouest (Relizane et Mascara) qui fournissaient historiquement les marchés d’Oran. Dans le cadre de cette lutte contre l’infestation, les services agricoles ont mobilisé d’importants moyens humains et matériels, associant entreprises et institutions spécialisées, afin de mettre en oeuvre un plan d’éradication de cet insecte redoutable, reconnaissable aux taches cotonneuses rose-orangées qu’il forme sur les raquettes. Les équipes phytosanitaires ont entrepris une opération d’envergure, conjuguant les efforts de multiples intervenants selon une démarche coordonnée. Si les premiers résultats sont encourageants, les spécialistes restent prudents : la reconstitution des cactus prendra plusieurs années. En attendant, le consommateur oranais devra prendre son mal en patience et se passer, cet été, de son fruit favori.

✍️ Ilyès N.

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