Un virus bien connu et une transmission moins facile
Invitée de RTL Matin, l’infectiologue Karine Lacombe a insisté : « On n’est pas du tout dans le même contexte que le Covid-19. » Contrairement au SARS CoV 2 apparu fin 2019, la souche Andes de l’hantavirus est connue depuis des décennies. Elle circule dans certaines zones d’Argentine et du Chili, sans avoir provoqué de pandémie mondiale. « Cette souche existe dans des zones localisées en Amérique du Sud depuis longtemps et il n’y a jamais eu d’épidémie majeure, rappelle Karine Lacombe. On ne devrait pas avoir d’épidémie d’ampleur. »
L’autre différence majeure concerne le mode de transmission. Le Covid-19 était un virus respiratoire capable de se diffuser massivement dans l’air. L’hantavirus Andes, lui, nécessite des contacts très rapprochés. « Ce n’est pas un virus respiratoire », souligne Karine Lacombe. « Ce n’est pas comme le virus SARS-CoV-2 qui, lui, s’aérosolise dans l’atmosphère de façon globale. » La contamination se ferait principalement via les fluides corporels, notamment la salive ou la transpiration, lorsque les symptômes apparaissent. « On ne l’attrape pas en se promenant dans la rue », insiste l’infectiologue.
Pour rappel, les précédentes flambées observées en Argentine ont surtout concerné des contextes de proximité intense : réunions familiales, soins à des proches malades ou funérailles dans des espaces clos.
Des autorités mieux préparées qu’en 2020
Dernier élément rassurant : la réponse sanitaire semble plus rapide et coordonnée qu’au début de la pandémie de Covid-19. « Il y a six ans, il n’y a pas eu beaucoup de transparence sur l’information et on a travaillé en ordre dispersé, estime Karine Lacombe. Là, il y a eu une vraie harmonisation sur la diffusion de l’information qui a été claire et transparente et surtout, tous les scientifiques travaillent main dans la main avec les politiques. »
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se veut également rassurante. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré auprès de BFMTV : « Je souhaite que les citoyens français ne s’inquiètent pas de cette situation ». Et d’ajouter : « Le danger pour la population est […] faible. C’est ce que nous avons toujours dit et ce que montrent nos analyses. Je souhaite que les Français le comprennent. Le risque, pour eux, est faible. »
En France, une vingtaine de cas contacts ont déjà été identifiés et placés sous surveillance avec des mesures d’isolement renforcées en milieu hospitalier. Une stratégie destinée à éviter toute chaîne de transmission, même limitée.