
Façonné à la main par des potiers de Kabylie, des Aurès, de Tlemcen, de Médéa, de Ghardaïa ou encore des oasis du Sud, le tajine restitue progressivement la chaleur, permettant aux viandes de devenir fondantes, aux légumes de conserver leur texture et aux épices de libérer pleinement leurs arômes. Avec le temps, la terre cuite s’imprègne des préparations successives, donnant naissance à cette « mémoire des saveurs » si chère aux cuisiniers.
Du tajine zitoune d’Alger aux spécialités sucrées-salées de Tlemcen, en passant par les plats des Hautes Plaines, de Kabylie, des Aurès, du littoral ou du Sahara, cet ustensile accompagne la remarquable diversité culinaire de l’Algérie. Chaque région y exprime son identité à travers des recettes où se mêlent produits locaux, épices et traditions ancestrales.
À l’heure où la cuisine moderne privilégie souvent la rapidité, le tajine en terre cuite connaît un véritable renouveau. De plus en plus de chefs et de familles renouent avec cet art de la cuisson lente, convaincus qu’il demeure irremplaçable pour préserver l’authenticité des saveurs. Plus qu’un objet du quotidien, il incarne un patrimoine vivant, témoin de l’histoire, de l’hospitalité et de l’identité culinaire algérienne.
✍️ Bouhadjela Amina


