
Le prix de la sardine, considéré jadis poisson du pauvre, ne cesse d’augmenter. Le kilogramme de la sardine est affiché à 1000 dinars dans le marché de la rue des Aurès (ex-La Bastille).
Depuis le début de cette saison d’hiver caractérisé par le peu de sorties en mer à cause du mauvais temps, le retour du poisson sur les étals a de quoi assommer les acheteurs.
Ces derniers jours, le prix de la sardine touche le plafond des 1000 dinars.
«Jamais la sardine n’a atteint un prix aussi élevé que ces derniers jours, et cette flambée ne semble pas connaître de recul», dira un commerçant.
Cédée il y a quelques mois à un prix compris entre 200 et 500 DA/ kg, ce petit pélagique a atteint ces derniers jours les 800 DA, voire 1000 DA/kg.
Une envolée jamais connue, et décriée aussi bien par les consommateurs que par les professionnels.
Parmi les raisons de la flambée des prix des produits halieutiques en général et de la sardine en particulier, un vieux vendeur de poissons cite les mauvaises conditions météorologiques qui ont provoqué une pénurie de ces produits et explique: «quand la sardine est disponible en grandes quantités, les prix diminuent, et quand il y a une pénurie, les prix montent. La règle de l’offre et de la demande».
Selon ce vendeur, les prix de ces produits seront encore plus chers durant toute la saison hivernale.
Considérée comme une alternative aux viandes rouges, carrément inaccessibles depuis qu’elles ont connu elles aussi une soudaine envolée des prix, la sardine a fini par devenir un produit de luxe.
Un mandataire explique que, «la dévaluation du dinar a eu des retombées sur les prix de tous les produits, y compris des outils et des équipements de la pêche. Je ne veux pas justifier cette flambée, mais il y a une réalité à prendre en compte. Pour nous, il est anormal que la sardine soit vendue à 1000 DA. Cela est dû à plusieurs facteurs, liés à l’organisation, à l’épuisement de la ressource par des pêches même durant les périodes de repos biologique.
Sur les étals, on trouve souvent de la sardine de 5 à 6 cm, interdite à la pêche.
Est-ce normal qu’elle soit mise sur le marché sans que les instances de contrôle ne réagissent? Il faut aussi parler des outils de la pêche qui restent archaïques.
Ils n’ont pas été développés. Ceux qui accèdent au métier de pêcheurs sont ceux qui sont déjà dans l’activité et qui maintiennent depuis longtemps le monopole.
De plus, notre littoral de plus en plus pollué s’appauvrit», explique le professionnel.
Rayen H


