
Deux voleurs sont en fuite après avoir tenté de cambrioler le maire de Boston le soir des élections. La psychothérapeute de l’un d’eux se retrouve bien malgré elle impliquée dans leurs activités criminelles.
Nous l’avons déjà écrit, mais voici un autre exemple de gentils voleurs à Hollywood. Ceux-ci sont particulièrement idiots et autodestructeurs, mais ils ont un bon fond.
Ils sont aussi interprétés par Matt Damon (Rory) et Casey Affleck (Cobby), qui cosigne l’histoire avec Chuck MacLean (la série City on a Hill). Avec ce trio, en plus de Ben Affleck comme coproducteur, The Instigators est très bostonien. La capitale du Massachusetts est joliment mise en évidence, autant par ses paysages que par son accent.
Bien que les deux acteurs offrent des performances convaincantes, la chimie entre eux n’opère pas tout à fait. Leurs personnalités opposées sont sans doute un choix scénaristique, mais le résultat donne l’impression qu’ils ne vivent pas la même aventure.
Rory est un ancien mécanicien chez les marines dont le mariage et les finances se sont écroulés. Désespéré de revoir son fils la tête haute, il accepte de participer à un cambriolage afin de payer ses dettes.
Cobby, un habitué fraîchement sorti de prison, et Scalvo (le rappeur Jack Harlow) sont aussi de l’ambitieux braquage qui consiste à dérober les contributions politiques du maire corrompu Miccelli (bidonnant Ron Perlman) en pleine soirée électorale. Évidemment, tout tourne mal, et Rory et Cobby se retrouvent en fuite.
La réalisation de Doug Liman (The Bourne Identity, Edge of Tomorrow, Road House) offre quelques bonnes poursuites et un rythme soutenu. L’impressionnante brochette de personnages secondaires ne s’imbrique pas entièrement au récit, mais nous amuse par sa variété. Ving Rhames, Michael Stulhbarg, Alfred Molina, Paul Walter Hauser et Toby Jones sont tous irrésistiblement caricaturaux, mais c’est Hong Chau (The Whale, Downsizing) qui se distingue par sa répartie et son sang-froid. Psychothérapeute de Rory, elle est prête à tout pour que son patient ne foute pas sa vie en l’air. Elle va trop loin, mais c’est ce que fait constamment The Instigators.
Ce film ne réinvente pas le genre, mais il renferme assez d’action, d’humour et de cœur pour passer un bon moment.


