
Chaque été, la ville d’Oran voit son littoral se transformer en un vaste espace de détente et de loisirs. Mais cette année, une profonde mutation bouleverse les habitudes des estivants.
Avec l’interdiction stricte de la location informelle de parasols sur les plages, les familles oranaises n’ont d’autre choix que d’investir dans leur propre équipement. Cette régulation, voulue par les autorités pour mettre fin à l’anarchie et aux pratiques illégales sur le sable, a provoqué un effet inattendu : une explosion des ventes de parasols, chaises pliantes et tables de plage.
Les commerces spécialisés, mais aussi les grandes surfaces et les magasins du centre-ville, affichent complet depuis le début du mois de juin. Dans les artères commerçantes du centre-ville d’Oran, l’offre s’est considérablement étoffée pour répondre à la demande croissante.
Les prix, bien que jugés abordables par certains, restent un effort pour le budget familial moyen : comptez entre 4.000 et 6.000 dinars pour un lot comprenant un parasol, deux chaises et une table. Les modèles les plus prisés sont ceux dotés d’une toile anti-UV et d’un mât renforcé, capables de résister aux vents marins.
Les vendeurs rapportent des ruptures de stock régulières, et les réapprovisionnements s’écoulent en quelques heures, signe d’une frénésie d’achat qui ne faiblit pas. Sur le sable même, la donne est tout autre. Faute de location officielle, certains revendeurs proposent le même équipement à des tarifs exorbitants. Sur la célèbre plage des Andalouses, par exemple, le prix d’un parasol et de deux chaises atteint désormais les 10.000 dinars, soit le double des prix pratiqués en ville.
Une situation qui pousse de nombreux baigneurs à conseiller les autres à s’équiper avant même de quitter leur domicile. Ce différentiel de prix creuse un peu plus les inégalités d’accès au confort balnéaire. Parallèlement à cet engouement pour le mobilier de plage, un autre produit connaît une demande phénoménale : les crèmes de protection solaire à large spectre.
Face à un soleil de plus en plus ardent et à une prise de conscience accrue des risques cutanés, les rayons des pharmacies et des supermarchés sont littéralement pillés. Les indices 50+ s’arrachent, notamment les formats familiaux et les versions résistantes à l’eau. Les marques locales et importées rivalisent d’innovations, avec des textures légères ou des formules bio.
Pour les commerçants oranais, cet été 2026 restera comme celui de tous les records : une saison où se protéger du soleil et s’installer confortablement sur la plage sont devenus des priorités absolues, transformant durablement les habitudes de consommation des Oranais.
Ilyès N.


