Que ce soit à Misserghine, Boutlélis et à Ben fréha, les oliveraies s’étendent à perte de vue. Entre saveur, authenticité, histoire et prestige, l’huile d’olive de ces régions rurales est un produit issu du terroir oranais.
Ces zones oléicoles abritent également des huileries importantes. Alors que la campagne oléicole bat son plein à travers les oliveraies de la wilaya d’Oran, la filière de l’huile d’olive fait face à plusieurs défis majeurs: de la nécessité de produire de l’huile d’olive vierge extra de bonne qualité répondant aux standards internationaux à l’amélioration des rendements, fortement impactés par la sécheresse prolongée, en passant par la compétitivité, la nécessaire modernisation ou encore l’impératif de développer les capacités d’exportation pour s’imposer sur un marché mondial exigeant, les défis sont nombreux.
« La filière nécessite une restructuration des vergers, une mécanisation accrue et une amélioration des techniques de transformation pour produire de l’huile de haute qualité », plaide Layachi, un oléiculteur basé à Boutlélis. La wilaya d’Oran a enregistré une extension continue de la superficie oléicole, avec des variétés d’olive telles que la Sigoise et Chemlal cultivées dans ces régions. Les services agricoles anticipent un rebond de production de la filière oléicole cette saison. La filière oléicole table sur une bonne récolte cette saison d’autant plus qu’elle a bien progressé, ces dernières années.
«Les 8.500 ha plantés en oliviers produisent 250.000 quintaux annuellement (75% en olive de table et 25% en huile d’olive)», révèle la Direction des services agricoles de la wilaya d’Oran. La filière devrait capitaliser sur les perspectives favorables du côté de la production pour accroître la production. Certains oléiculteurs produisent de l’huile d’olive vierge extra à Misserghine en utilisant une méthode de première pression à froid pour obtenir un produit 100 % naturel.
Ces producteurs mettent l’accent sur des pratiques écologiques et la qualité de leurs huiles, contribuant ainsi au développement de la qualité de l’oléiculture dans la région. Une région riche en tradition oléicole bénéficiant d’un soutien gouvernemental qui a encouragé l’augmentation des plantations et la modernisation des techniques de production. La culture de l’olivier est essentielle pour l’économie locale et contribue à la durabilité environnementale.
EXPLOSION DE LA DEMANDE
Les producteurs sont encouragés par l’explosion de la demande. Les ventes de l’huile d’olive ont le vent en poupe. Les prix de l’huile d’olive ne cessent de subir une hausse. Les prix varient d’une marque à une autre et d’une qualité d’une huile à une autre. Les prix ont subi une hausse de près de 20 % par rapport à l’année dernière. Des marques affichent des prix allant de 900 dinars à 2.000 dinars le litre d’huile d’olive vierge. L’huile vierge extra qui est une huile de très haute qualité a atteint le record de 2.800 dinars le litre au niveau d’une grande surface commerciale à Es Sénia.
«Les prix obéissent à la loi de l’offre et de la demande. La production est, certes, bonne cette année, mais la demande a explosé ces derniers temps. Les consommateurs sont de plus en plus conscients que l’huile d’olive présente de nombreux bienfaits pour la santé », explique le gérant d’une huilerie. Comment reconnaître une bonne huile d’olive ? «L’idéal est de toujours choisir une huile d’olive vierge extra dont le goût n’est pas acidulé car elle est issue de la nouvelle récolte et dont le délai séparant la récolte de la trituration des fruits est le plus court possible », conseille ce professionnel.
« L’huile issue d’olives récemment triturées est plus légère et plus aromatique. Plus l’huile est récente, meilleure est sa qualité nutritive et organoleptique. Pour être extra-vierge, l’huile doit avoir un parfum frais, de l’amertume, du piquant et une sensation herbacée », poursuit-il. Il existe trois façons de trafiquer l’huile: en ajoutant de la chlorophylle pour la couleur et du bêtacarotène pour aromatiser l’huile, on obtient en effet une huile qui ressemble à s’y méprendre à de l’huile d’olive. Le deuxième procédé consiste à faire passer de l’huile d’olive de qualité médiocre pour de l’huile extra-vierge. Le troisième procédé est la fraude « moitié-moitié ».
Les trafiquants remplissent la moitié de la bouteille d’huile d’olive et complètent l’autre moitié d’huile de colza. Le consommateur n’y voit que du feu. Qu’en est-il des moyens de conservation ? «Il faut toujours acheter une huile dans un flacon en verre. Le plastic est à absolument éviter. L’huile d’olive n’aime pas aussi la lumière pour une bonne conservation», insiste l’oléiculteur. «Il vaut mieux consommer l’huile d’olive crue et ne pas la frire, car c’est une huile très fragile devant la chaleur. Avec la chaleur, elle perd ses qualités nutritives et ses bienfaits sur la santé », indique ce professionnel.
Ilyès. N


