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L’illicite location estivale de l’immobilier à Aïn El Turck : le beurre et l’argent du beurre

La saison estivale n’est pas encore entrée de plain-pied que le prix de la location de l’immobilier s’envole subitement pour atteindre des cimes jamais égalées dans la contrée d’Aïn El Türck et ce, au grand détriment des familles aux bourses modestes.

En effet, selon l’inconcevable réalité du terrain, constatée à travers des recoupements d’informations, des appartements semi-équipés, constitués de deux pièces, cuisine et d’une salle de bain dans des résidences sont désormais proposés à partir d’un million de centimes pour une seule nuit, sans aucun document inhérent à ce genre de transaction en dehors des billets de banque.

« C’est à prendre ou à laisser et aller voir ailleurs. Et ailleurs des intermédiaires vous proposent des gourbis entre 5.000 et 7.000 dinars pour une seule nuit. D’autres encore vous proposent 15 jours pour 3 millions de centimes. C’est inconcevable ! En plus presque toute cette activité navigue sur la vague de l’informel sans que personne ne soit inquiété » s’est indigné un père de famille, qui était en prospection d’un logement à louer pour un bref séjour à Aïn El Turck.

Il importe de souligner que ce créneau juteux a poussé nombre d’opportunistes à aménager un espace à l’intérieur de leur propriété, et ce, sans l’approbation des services de l’Urbanisme dans la plupart des cas. Cet aménagement a été effectué dans le but de le proposer à la location durant la saison estivale. Cette rentrée d’argent est exonérée de tout impôt car généralement les contrevenants ne déclarent rien de leur activité.

Cependant, là où le bât blesse réside dans le fait que certains bénéficiaires de logements sociaux et ceux des autres formules, n’hésitent nullement à entrer dans cette danse morbide. Ces derniers s’alignent effrontément sur les prix de location appliqués. Et comme le ridicule ne tue point, certaines autres familles demeurant dans des bidonvilles ne se font pas prier pour louer leur masure pendant l’été. Une inanité de la chimère qui ne dit pas son nom.

« Même si je me défonce toute l’année en m’imposant des restrictions draconiennes sur mes dépenses quotidiennes, je ne serai jamais en mesure de me permettre de louer un appartement durant les vacances d’été, pour un bref séjour d’agrément au bord de la mer. Je préfère affronter la circulation infernale sur les routes pour rallier l’une des plages de ce littoral et y passer un après-midi au bord de la grande bleue avec ma famille. A mon humble avis cela est légitimement sensé », a bougonné avec un zeste d’humour un autre interlocuteur domicilié à Oran.

« Il fut un temps où nous étions en mesure de louer une tente dans un camp de camping à Aïn El Turck. C’était d’autres temps d’autres moeurs » a jouté avec amertume notre interlocuteur. En effet, la formule camping a été placée dans le placard des oubliettes pour des raisons incongrues et inexpliquées.

Rachid Boutlélis

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