A Constantine, le patrimoine ne se limite pas aux monuments visibles et aux silhouettes emblématiques de la ville, ni aux traditions culinaires, vestimentaires ou musicales. Il s’inscrit aussi dans des traces plus discrètes, porteuses d’un héritage scientifique tel que les cadrans solaires présents dans les mosquées.
Fixés sur les façades ou intégrés aux cours des lieux de culte, ces instruments traduisaient le mouvement du soleil en repères temporels précis.
A travers l’ombre projetée par un gnomon, ils permettaient de déterminer les horaires des prières avec une grande rigueur, mobilisant des connaissances fines en astronomie et en géométrie. Une manière, pour les savants et artisans d’autrefois, d’inscrire la spiritualité dans une lecture scientifique du monde.
Pour Mourad Hamadouche, spécialiste en astronomie, ces objets méritent aujourd’hui une attention particulière « l’histoire et l’existence de ces cadrans solaires doivent être davantage investies et étudiées, car ils témoignent d’un savoir scientifique ancré dans la société ».
Ce patrimoine n’a d’ailleurs pas totalement disparu, a expliqué, pour sa part, Farid Zaiter, directeur de la Culture et des Arts de la wilaya de Constantine, qui a affirmé qu’un cadran solaire subsiste toujours au niveau de Djamaâ El Kebir, à la rue Larbi Ben M’Hidi, au centre-ville.
« Des efforts sont engagés pour préserver et perpétuer cet héritage », a-t-il assuré, soulignant l’importance de ces initiatives pour sa transmission aux générations futures.
Selon M. Zaiter, il s’agit là d’oeuvrer à réhabiliter une façade scientifique du patrimoine constantinois, méconnu par beaucoup, y compris parmi la population locale.
Ainsi, les cadrans solaires ne sont pas de simples vestiges, mais de véritables joyaux qui incarnent une époque où l’observation était essentielle pour la pratique religieuse.
Aujourd’hui, leur redécouverte ouvre une nouvelle lecture de Constantine, une lecture où la ville ne se raconte pas uniquement à travers ses pierres, mais aussi à travers les connaissances qu’elles abritent discrètement, mais durablement, a-t-on conclu.


