
Une nouvelle étude révèle que les hommes qui ont un taux faible de testostérone ont un risque plus élevé de cancers.
L’ESSENTIEL
- Les hommes présentant des taux de testostérone très bas courent un risque plus élevé de cancers plus tard dans la vie.
- Le risque commence à augmenter quand le taux de base est inférieur à 8,6 nmol/L.
- Mais, il ne faut pas commencer à prendre des suppléments de testostérone dans l’espoir de réduire le risque de cancer.
Le taux de testostérone chez un homme adulte en bonne santé doit être compris entre 10 et 30 nanomoles par litre (nmol/L). Lorsqu’il est trop bas, plusieurs troubles peuvent être observés : baisse de la libido, trouble de l’érection, réduction de la fertilité, fatigue, irritabilité, trouble de l’humeur, diminution de la densité osseuse et de la masse musculaire…
On peut aussi ajouter un risque accru de cancer, selon des travaux de l’université d’Australie-Occidentale parus dans Lancet Healthy Longevity le 19 juin 2026.
Cancer : un taux faible de testostérone
Pour cette étude, les chercheurs ont analysé les données réunies sur plusieurs années de plus de 26 000 hommes ayant participé à 11 études de cohorte menées en Australie, aux États-Unis et en Europe. Des échantillons de sang avaient été prélevés et analysés. Ce qui a permis à l’équipe d’avoir les taux de testostérone, de la dihydrotestostérone (DHT), de la SHBG et de l’hormone lutéinisante. Cette dernière est produite par l’hypophyse pour stimuler les testicules à produire de la testostérone.
Les scientifiques ont découvert que les hommes ayant un faible taux de testostérone avaient 18 % plus de risques de mourir d’un cancer des années plus tard. Ce dernier commence à augmenter quand le taux de testostérone initial est inférieur à 8,6 nmol/L.
« Cela suggère qu’un faible taux de testostérone est un biomarqueur important ; il est donc possible que l’analyse des taux de testostérone puisse nous aider à identifier les hommes susceptibles de présenter un pronostic défavorable en cas de cancer ultérieur. »
La testostérone n’a pas d’impact sur le cancer de la prostate
Il y a toutefois une bonne nouvelle : l’association avec le taux de testostérone ne se vérifiait pas par contre pour le cancer de la prostate. « Il semblerait plutôt que le cancer de la prostate soit plus étroitement lié à de faibles niveaux de deux autres hormones sexuelles : la Sex Hormone-Binding Globulin (SHBG) et l’hormone lutéinisante », indiquent les auteurs dans leur communiqué.
« Comme la réduction du taux de testostérone est un traitement contre le cancer de la prostate, la question de savoir si la quantité de testostérone produite par l’organisme est liée au risque de cancer de la prostate s’est toujours posée, mais d’après nos résultats, il n’existe aucune preuve d’un tel lien », ajoute le professeur Yeap.
Les hommes ont tout à gagner à faire des bilans réguliers
La découverte de ce lien entre taux de testostérone ou cancer ne doit pas conduire les hommes à prendre des suppléments de testostérone dans l’espoir de se protéger de la maladie. « Bien que nous ayons démontré que de faibles taux sont associés à un risque accru, nous n’avons encore aucune preuve que l’administration de testostérone aux hommes réduise ce risque », prévient le professeur Yeap.
« Aux hommes, nous conseillons de consulter un médecin pour un bilan complet si l’on constate chez eux, pour quelque raison que ce soit, un faible taux de testostérone. Même si cela ne révèle aucun signe de maladie testiculaire, cela peut mettre en évidence d’autres problèmes de santé ou des facteurs de risque à prendre en compte. »
« Cela pourrait servir d’électrochoc et d’encouragement aux hommes à adopter des comportements de vie plus sains et à se soumettre à des bilans de santé réguliers et complets pour préserver leur santé. » Le taux de testostérone peut notamment être influencé par des facteurs modifiables tels que l’indice de masse corporelle et l’activité physique, ainsi que par des affections médicales comme le diabète.


