
La pollution de l’air peut aggraver les symptômes de l’asthme chez certaines personnes. Cela dépendrait de facteurs génétiques.
Asthme : des voies génétiques impliquées dans le stress oxydatif lié à la pollution de l’air
Ces scientifiques de l’université de Pittsburgh, aux États-Unis, ont utilisé les données d’un programme de recherche sur l’asthme sévère. Au total, cela leur a permis d’analyser les cas de près de 1.000 personnes asthmatiques. Ils ont notamment eu accès au séquençage de leur génome et à des statistiques concernant leur exposition à la pollution. « Parmi les milliers de gènes du génome humain, l’équipe s’est concentrée sur environ 450 gènes qui contrôlent le stress oxydatif, un processus dans lequel des molécules hautement réactives peuvent endommager les cellules et les tissus », précisent-ils dans un communiqué. Ce phénomène peut avoir des effets importants sur la santé, notamment une dégradation de la fonction pulmonaire ou des exacerbations de l’asthme. Les chercheurs américains ont étudié l’influence de ces gènes en cas de « stress environnemental lié à l’exposition aux particules fines ».
Pollution de l’air et génétique : de futures cibles pour le dépistage des personnes à risque ?
Ils ont constaté que les personnes les plus vulnérables face à la pollution portaient des variantes de sept gènes liés au stress oxydatif. « Ces variantes génétiques semblent influencer la façon dont les cellules des voies respiratoires réagissent à l’exposition aux PM2,5, certaines variantes améliorant la protection contre les PM2,5, tandis que d’autres semblent aggraver les dommages », commentent-ils.
Selon eux, ces voies moléculaires pourraient devenir des cibles pour le dépistage. « Vous pourriez imaginer un test simple pour un panel de gènes qui pourrait être utilisé pour signaler une personne comme étant très sensible aux effets de la pollution », estime Sally Wenzel. Mais elles pourraient aussi servir de base à des thérapies : il s’agit de l’un des futurs objets d’étude de cette équipe. Les scientifiques comptent tester des interventions ciblées, en prenant en compte ces spécificités génétiques, pour atténuer les effets nocifs de la pollution chez les individus les plus à risque. « En fin de compte, même si la réduction de la quantité de pollution reste l’approche la plus efficace, les résultats de notre étude suggèrent que nous pourrions développer des interventions spécifiques aux personnes à risque qui réduiraient son impact », note le co-directeur de l’étude.


