Santé & Bien-être

Ce que la sédentarité fait à vos muscles sans que vous le sachiez

Rester sédentaire modifie le fonctionnement des cellules musculaires bien avant l’apparition de maladies associées, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Ces changements pourraient être détectés précocement grâce à un simple test d’effort.


L’ESSENTIEL

  • Une étude montre que la sédentarité altère le fonctionnement des mitochondries chez des adultes pourtant en bonne santé.
  • Ces anomalies pourraient précéder le développement de maladies chroniques.
  • Les chercheurs misent sur l’activité physique pour restaurer la santé des cellules.

On sait que rester assis trop longtemps est mauvais pour la santé. Mais une nouvelle étude américaine montre que les effets de la sédentarité commencent bien avant l’apparition de maladies associées à l’inactivité, comme le diabète, certains cancers ou encore la maladie d’Alzheimer. Chez des adultes pourtant en bonne santé, les chercheurs de l’Université du Colorado Anschutz ont observé des altérations du fonctionnement des cellules musculaires, invisibles lors d’un examen médical classique. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Clinical Bioenergetics.

Des muscles qui brûlent moins bien les sucres et les graisses

Les scientifiques ont comparé neuf hommes sédentaires et dix hommes d’environ 42 ans, sans antécédent de maladie chronique et pratiquant au moins 150 minutes d’activité physique par semaine. Les analyses de biopsies musculaires ont montré que les mitochondries, les « centrales énergétiques » des cellules, fonctionnent nettement moins bien chez les participants sédentaires. « La fonction mitochondriale est au cœur de la santé métabolique, explique le professeur Iñigo San Millan, auteur principal de l’étude, dans un communiquéSi vous avez 40 ans, que vous êtes en bonne santé mais sédentaire, il est probable que quelque chose se passe déjà à l’intérieur de vos cellules et que cela finisse par vous rattraper dans dix ou quinze ans. »

Dans le détail, l’équipe a constaté une baisse de 28 à 36 % de l’efficacité des mitochondries chez les hommes sédentaires. Le taux de MPC1, une protéine essentielle au transport des sucres vers les mitochondries afin d’être transformés en énergie, était réduit de 49 %. L’activité de l’enzyme CPT1, indispensable à l’utilisation des graisses, était également divisée par deux.

Lors d’un test d’effort sur vélo, les volontaires sédentaires présentaient aussi une capacité cardiovasculaire inférieure de 38 % et un taux de lactate sanguin supérieur de 60 %, signe que leurs cellules produisaient l’énergie de manière moins efficace. Les auteurs estiment que cette perte de « flexibilité métabolique » pourrait constituer un mécanisme précoce favorisant, à long terme, le diabète de type 2 ou les maladies cardiovasculaires.

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