Santé & Bien-être

Dépression : le système immunitaire jouerait aussi un rôle

Selon une nouvelle étude, la dépression n’est pas seulement liée au cerveau mais implique aussi le système immunitaire.


L’ESSENTIEL

  • Des chercheurs ont montré que certains patients dépressifs présentent un important déséquilibre entre le système immunitaire et le système nerveux.
  • Le trouble dépressif majeur (TDM) se caractérise par des épisodes dépressifs qui durent au moins 2 semaines, selon l’Inserm.
  • Ces résultats pourraient ouvrir la voie à de nouveaux biomarqueurs et à des traitements plus ciblés de la dépression.

Près d’un adulte sur six a vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze derniers mois, selon le Baromètre de Santé publique France, soit 16 % de la population, alors que ce chiffre était de 12,5 % en 2021. Face à ce phénomène, la science travaille à mieux comprendre et soigner cette maladie car, actuellement, les traitements ne sont efficaces que dans près de 70 % des cas, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Une partie des patients est donc laissée sans solution.

Dépression et système immunitaire

Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Advanced Science, des chercheurs viennent justement de faire une découverte importante. Selon eux, le trouble dépressif majeur (TDM), caractérisé par des épisodes dépressifs qui durent au moins 2 semaines, selon l’Inserm, ne serait pas liée qu’au cerveau mais aussi au système immunitaire.

Les participants à cette étude étaient tous atteints de TDM. Ils souffraient de symptômes atypiques de la dépression, comme de l’hypersomnie ou de l’hyperphagie, et psychotiques, tels que des hallucinations auditives ou encore une culpabilité extrême. Les scientifiques ont récolté plusieurs échantillons et analyses auprès des participants, notamment leurs cellules immunitaires. Ils ont ainsi découvert que les patients atteints de TDM présentaient un important déséquilibre de “l’axe immuno-neuronal”, qui désigne les échanges entre le système immunitaire et le système nerveux.

Ce déséquilibre était visible à plusieurs niveaux :

  • des niveaux anormalement élevés de certaines protéines essentielles à la communication entre neurones, notamment DCLK3 et CALY.
  • une surabondance de la protéine du complément C5, chargée d’activer les défenses immunitaires.
  • des modifications génétiques des cellules immunitaires qui, chez les patients, étaient plus réactives à l’inflammation. Cela a pour conséquence un état de suractivation du système, comme si l’organisme était en alerte permanente.
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