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Es-Seddikia (Oran) : charcuterie, supérette ou clinique dentaire

Pour une fois, je vais déroger aux règles élémentaires qui codifient un article de presse en usant du subjonctif. Je me ferais le narrateur d’une situation que j’ai personnellement vécue et non le porte-voix d’un lecteur ou d’un groupe de citoyens.

C’est une histoire qui renseigne sur le peu de cas que font certains de la santé d’autrui de surcroît quand ils sont en situation de danger de mort. Ma fille avait extrait une dent de sagesse qui était incrustée dans sa gencive et n’avait pas poussé normalement. L’opération réalisée dans une clinique privée d’Es-Sedikkia, clinique Taleb pour ne pas la nommer, donnait tout l’air de s’être bien déroulée. En apparence, car une semaine plus tard et, alors qu’elle n’avait pas retiré les fils de suture, et qu’elle était en plein travail elle fut prise d’une abondante hémorragie.
La situation était des plus alarmantes. Je décidais donc de la ramener à la clinique où elle avait subi l’acte chirurgical. Sur place, et en voyant son cas, son dentiste a décidé de faire appel au médecin qui avait pratiqué l’intervention. Arrivé, ce dernier est resté auprès de ma fille pendant de longues minutes avant de m’appeler pour me remettre une lettre d’orientation et m’ordonner de l’emmener au service des urgences maxillo-faciales de l’EHUO 1er-Novembre. Rien que ça, une fuite des responsabilités caractérisée. J’eus beau lui expliquer que la clinique est responsable de ce qui arrivait à ma fille et qu’elle devait, par correction, procéder à son évacuation vers une structure hospitalière et qu’il devait l’accompagner pour expliquer son cas au médecin urgentiste. Placide, il me dira qu’il a réalisé, dans les normes, l’acte chirurgical et qu’il n’est pas responsable des complications postopératoires.
Rien que ça ! Il me fera remarquer que l’EHUO dispose d’un bistouri spécial utilisé pour juguler les hémorragies osseuses. Des mots savants que je n’ai pas voulu débattre et, de guerre lasse, j’ai du évacuer, par mes propres moyens ma fille vers l’hôpital tout en faisant entendre au médecin des vertes et des pas mûres car son attitude n’est rien d’autre qu’une non-assistance à personne en danger. Le visiteur de cette clinique est frappé par la propreté des lieux et par les sourires des employés qui vous laissent penser que vous êtes en présence d’un modèle en matière de médecine privée mais à la première alerte c’est la politique de l’autruche qui est appliquée, on fuit ses responsabilités. Il faut dire que ce genre de situations est courant chez nous et plusieurs ont connu une fin dramatique.
Pour le cas de ma fille, le médecin urgentiste de l’EHUO (une jeune femme gentille et attentionnée) a su réaliser les gestes qu’il faut pour arrêter l’hémorragie, mais combien de patients ont perdu la vie par la faute de charcutiers, d’apprentis médecins ou de cupides qui officient dans des cliniques privées et qui orientent leurs malades, au premier couac, vers les structures du secteur public. Les pouvoirs publics devraient exiger plus de rigueur car au final, ces cliniques qui poussent comme des champignons à Oran ne sont ni plus ni moins que de simples supérettes ou l’on plume le malade.
Nassim B

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