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L’APW d’Ain Temouchent ouvre le dossier de la santé : le secteur en progression

La session d’hiver de l’APW d’Ain Temouchent a permis de débattre de plusieurs points figurant à l’or dre du jour entre autres l’adoption du budget primitif de l’année 2026, le bilan de la saison estivale et la situation du secteur de la santé lequel a suscité des réactions mitigés du côté des élus.

Le Wali a délivré un satisfecit appuyé à l’endroit du directeur de la santé et de la population avant l’entame de la lecture du rapport présenté par la commission compétente de l’assemblée, rapport centré sur les infrastructures sanitaires et illustré par une vidéo fort réussie grâce à des prises de vue aériennes captées par drône. Une innovation qui n’a pas empêché les élus d’entrer dans le vif du sujet, autrement dit de ressortir les problèmes dont pâtit encore le secteur en dépit des avancées relevées dans la gestion des structures de santé particulièrement au niveau des établissements de proximité.

Le système de santé local s’articule autour de quatre pôles qui sont les hôpitaux de Temouchent, Hammam BouHadjar, El Amria et Béni Saf sans compter l’établissement hospitalier Dr Benzerdjeb benaouda dont la réputation va au-delà des frontières de la Wilaya. Les données statistiques inhérentes à chacune des infrastructures révèlent une certaine similitude au plan des moyens. A l’échelle du chef-lieu de wilaya l’hôpital Ahmed Médeghri absorbe le gros du contingent de malades. D’une capacité de 284 lits et avec des effectifs estimés respectivement à 71 médecins spécialistes, 66 généralistes et pas moins de 367 paramédicaux cet hôpital jouxte un service des urgences disposant de 18 lits et d’un bloc chirurgicale ainsi qu’un pavillon pouvant accueillir jusqu’à 60 malades mentaux.

S’agissant de l’EH Dr Benzerdjeb inauguré en 2007,il comprend 240 lits et compte 144 médecins spécialistes, 30 généralistes et 455 agents soignants .Concernant l’hôpital de Béni Saf baptisé «19 Mars 1962», il a été créé en 1961 et peut actuellement offrir 190 lits. 46 spécialistes, 43 généralistes et 260 agents paramédicaux assurent le fonctionnement de l’établissement. Quant à l’hôpital Bourbiye Abdelkader de Hammam BouHadjar il emploie 36 spécialistes, 19 généralistes et 257 agents paramedicaux pour une capacité d’accueil de 144 lits.

Pour ce qui est du dernier né en l’occurrence l’établissement publique hospitalier des frères Boucherit d’El-Amria il peut recevoir 60 malades encadrés par 60 spécialistes, 24 généralistes et 190 paramédicaux. Sur un autre registre la nouvelle maternité d’Aïn Temouchent a été conçue pour accueillir 60 parturientes et -tenez vous bien pouvant être suivies par 60 spécialistes. 24 généralistes et 190 paramédicaux. Rien que ça !

Beaucoup de recommandations

La commission de la santé a émis une série de recommandations et ce à la lumière des visites qu’elle a effectuées durant la préparation du dossier. Parmi les plus judicieuses nous pouvons citer la nécessité d’ouvrir une unité de dialyse pour enfants , rénovation du service de pneumologie, réactivation du service radio de l’hôpital Médeghri, réserver un espace plus conforme aux d’observation de sang, trouver une solution à l’ancien pavillon de médecine interne pour hommes affecté par le séisme de 1999 et en état de délabrement menaçant donc de s’écrouler, manque de réactifs, absence de mammographe.

Les membres de l’APW ont également mis en exergue les insuffisances enregistrées matière de maintenance des appareils de radiologie et d’imagerie médicale. Le seuil IRM et la quasi-totalité des scanners sont en panne. Même l’EH Dr Benzerdjeb n’échappe pas à cette paralysie. En outre, quelques élus bien au fait des tracasseries que rencontrent les malades ont évoqué des situations dramatiques dûes aux fréquentes pannes des appareils d’imagerie occasionnant des dépenses parfois au-dessous des moyens du malade. Par ailleurs un élu s’est interrogé sur la vocation géographie de l’EH Dr Benzerdjeb qui accueille de nombreux malades d’autres wilayas quand ceux de la Wilaya d’Ain Temouchent sont contraints pour des soins disponibles at-home de se déplacer ailleurs.

Un phénomène qui, du reste, n’est pas en soi anormal puisque les hôpitaux sont publiques et ouverts à tous les algériens mais dans le cas de l’EH Dr Benzerdjeb l’abus est patent. D’autant que la plupart des hôpitaux du pays recèle et des compétences et des moyens suffisants. Dans leur exposé les membres de l’APW ont aussi souligné les besoins élémentaires des différentes polycliniques et leur prise en charge matérielle en les dotant d’appareils de radio, de chirurgie dentaire, de produits de laboratoire et de diagnostic médical.

La question récurrente des ambulances a également retenu l’attention des élus qui ont proposé que chaque centre de santé soit équipé d’un véhicule médicalisé. De plus il y a lieu de procéder à des aménagements dans les unités de soins de l’intérieur de la Wilaya comme à Ain Tolba, Oulhaça qui sera prochainement dotée d’un hôpital de 120 lits, Hassi El-Ghella, Tamazoura, Oued Sebbah etc..

La commission n’a pas omis de rappeler la nécessité de remplacer l’actuelle bâtisse abritant le service des urgences médicales et chirurgicales par une structure moderne répondant aux normes internationales. Le Wali dans son intervention préliminaire a informé l’assistance de la décision du ministère de la santé qui vient de notifier son accord pour la conversion de l’ancienne maternité en service des urgences. Cette dernière d’après ce que nous savons mérite une expertise approfondie au niveau de la structure du sol afin d’éliminer tout risque probable. Sa position est un atout puisque elle est mitoyenne à l’hôpital Ahmed Médeghri. Le secteur a assurément progressé grâce aux investissements engagés par l’État et aux efforts constants des autorités locales sachant que la santé constitue une préoccupation majeure des citoyens.

La Wilaya d’Ain Temouchent a grandement étoffé son potentiel sanitaire . Il s’agira de combler les lacunes soulevées notamment par une meilleure prise en charge des questions liées à l’imagerie médicale et aux analyses de laboratoire qui reviennent chères voire impossibles à réaliser quand les ressources du malade sont faibles. Un système de santé performant et surtout proche des personnes démunies, voilà la finalité de la politique souhaitée par les populations. En obtenant l’inscription d’un établissement hospitalier de 120 lits dans une zone reculée comme Oulhaça le Wali Mr Mabrouk ouled Abdennebi s’inscrit dans cette optique.

Saïd Mouas

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