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Les disparitions forcées continuent en Colombie, déplorent des experts de l’ONU

Les disparitions forcées « restent une horrible réalité dans toute la Colombie, avec des dizaines de milliers de victimes portées disparues et des familles laissées dans le désespoir » depuis des décennies, ont déploré jeudi des experts de l’ONU.

« Bien que les disparitions forcées aient commencé en Colombie dans les années 1940, elles ne sont pas seulement un crime du passé.
Elles continuent de se produire quotidiennement dans tout le pays, dans des circonstances diverses », souligne un communiqué du Comité des Nations unies sur les disparitions forcées (CED), au terme d’une visite de deux semaines dans le pays.
Cette délégation d’experts de l’ONU a rencontré près de 80 interlocuteurs, officiels, familles de disparus et organisations de la société civile à Bogota et dans plusieurs villes de province, « accompagnant des opérations dans des cimetières débordant de corps non identifiés ».
Evoquant un « tableau sombre de la situation », ces experts ont constaté que « les disparitions forcées touchent tous les groupes d’âge et toutes les catégories de la population, notamment les enfants et les adolescents, les leaders sociaux, les migrants, les journalistes, les combattants démobilisés et les enseignants ».
« Les cas de recrutement forcé, de traite des êtres humains, de déplacement et de migration forcés, ainsi que les disparitions liées à des manifestations sociales, sont particulièrement alarmants », tandis que les familles des disparus « se heurtent souvent à des obstacles insurmontables lorsqu’elles cherchent de l’aide en raison de la complexité du cadre juridique et institutionnel ».
Toujours selon ces experts, le « paysage institutionnel est très fragmenté, avec des mandats qui se chevauchent et une coordination inefficace » entre les différentes entités en charge de la recherche des disparus du conflit armé interne, qui dure depuis près de 60 ans en Colombie.
« Ces institutions travaillent souvent en vase clos, laissant les victimes dans des impasses bureaucratiques », avec d’incessantes « réunions » et trop rarement des « actions concrètes », et toujours l’absence « d’un registre centralisé et fiable des personnes disparues qui aggrave le problème ».
Les chiffres communiqués au CED « varient entre 98.000 et 200.000 disparus du conflit au total », précise le communiqué.

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