Santé & Bien-être

Vivre centenaire : voici les conditions à réunir

Les personnes centenaires partagent différentes caractéristiques dont des facteurs génétiques et biologiques, mais aussi certaines habitudes liées à leur mode de vie.

Il n’y a pas de recette miracle pour dépasser 100 ans. En revanche, cette longévité exceptionnelle serait le résultat d’une combinaison de facteurs, récemment identifiés par des chercheurs. Dans la revue spécialisée Discover Public Healthune équipe de l’American University du Caire a passé en revue plus de 1.100 études sur le sujet. Les scientifiques en ont retenu 124, qui couvraient une période de 55 ans. 

Longévité : une combinaison de facteurs pour devenir centenaire

« Cette revue synthétise les données issues de diverses études sur les centenaires et les supercentenaires », précisent les auteurs en introduction de leurs travaux. De fait, la longévité est classée en différentes catégories : les centenaires, qui sont les individus âgés de 100 à 104 ans, les semi-supercentenaires âgés de 105 à 109 ans et les supercentenaires âgés de 110 ans et plus. Grâce aux différentes études analysées, les scientifiques ont pu retenir différents déterminants, associés à cette longue espérance de vie. « La longévité exceptionnelle résulte d’une interaction complexe entre des facteurs génétiques, biologiques, liés au mode de vie, psychosociaux et environnementaux », observent-ils.

Centenaires et super-centenaires : des similitudes génétiques et biologiques

L’un des points communs à tous les centenaires est leur âge biologique. Ce dernier est inférieur à leur âge dit chronologique, soit leur « vrai » âge, d’environ 8,6 ans en moyenne. D’autres facteurs génétiques semblent contribuer à rallonger l’espérance de vie. « Des signatures basées sur 281 polymorphismes nucléotidiques simples (SNP) permettent de prédire le statut de centenaire avec une spécificité atteignant 85 % chez les supercentenaires, développent les auteurs. L’allèle APOE ε2 a été identifié comme un facteur protecteur favorisant l’atteinte d’une longévité extrême. » Parmi les participants à ces différentes études, les centenaires partageaient également des caractéristiques métaboliques : des télomères (une partie de l’ADN située sur les chromosomes) plus longs, une sensibilité accrue à l’insuline, une inflammation liée au vieillissement maîtrisée et des mitochondries (les « centrales énergétiques » des cellules) préservées.

Mais le fait de vieillir longtemps semble aussi lié au mode de vie. Les scientifiques de l’université américaine du Caire ont identifié trois comportements dits protecteurs : une alimentation végétale et peu calorique, une activité physique quotidienne d’intensité modérée et l’absence de tabagisme tout au long de la vie. Ces personnes avaient aussi des points communs psychosociaux : une vie sociale solide et une résilience psychologique. 

Longévité : des centenaires moins vulnérables face aux maladies

« Une caractéristique déterminante est la compression de la morbidité : les centenaires retardent ou évitent effectivement les maladies majeures de 18 à 24 ans par rapport à leurs pairs ayant une espérance de vie plus courte, poursuivent les auteurs. Ainsi, 87 % des hommes centenaires sont classés comme ayant retardé ou échappé aux affections les plus létales. » Ce constat a aussi été réalisé au moment de l’épidémie de Covid-19, où les centenaires ne présentaient pas de taux de mortalité plus élevé. Pour les auteurs, cela pourrait indiquer que les mécanismes biologiques qui contribuent à la longévité exceptionnelle pourraient également protéger contre la mortalité liée à certaines infections.

Selon l’Insee, la France comptait 30.000 centenaires en 2023, soit 30 fois plus que pendant les années 1960-1970. L’organisme estime que plus de 75.000 personnes pourraient dépasser les 100 ans en 2040 dans le pays. 

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