
Le musée du moudjahid Djelloul-Malaika de Blida a accueilli, jeudi, une conférence historique consacrée aux massacres du 8 mai 1945, au cours de laquelle les intervenants ont mis en lumière l’ampleur des crimes perpétrés par la France coloniale contre le peuple algérien sans défense.
Cette rencontre, organisée à l’occasion de la Journée nationale de la Mémoire, célébrée sous le slogan «Un peuple qui s’est sacrifié et a triomphé», a réuni des moudjahidine et des universitaires qui ont souligné que ces massacres sanglants ont contribué à l’éveil de la conscience nationale et convaincu les militants de la nécessité du recours à la lutte armée, concrétisée plus tard par le déclenchement de la Guerre de libération. L’enseignant Khaled Taleb, également membre du conseil scientifique du musée, a rappelé devant les étudiants et élèves participants, les circonstances des manifestations pacifiques ayant précédé les massacres, organisées au moment où la France et les Alliés célébraient leur victoire durant la Seconde Guerre mondiale. Il a indiqué que les Algériens espéraient alors l’application des promesses liées à l’octroi de leurs droits politiques, mais que les autorités coloniales avaient répondu à leurs revendications pacifiques par une répression sanglante ayant fait plus de 45.000 martyrs.
De son côté, le moudjahid Belkacem Metidji a rappelé que ces manifestations avaient été précédées par des actions collectives lancées dès le 23 avril 1945 à Ksar Chellala (Tiaret), sous l’impulsion du militant Saâd Dahlab, avant que cet élan populaire ne s’étende à différentes villes du pays pour revendiquer la liberté et l’indépendance.
Il a souligné que ces massacres avaient convaincu les Algériens que le colonisateur français ne pouvait leur accorder la liberté, quels que soient les sacrifices consentis, et que les promesses françaises n’étaient qu’une tentative visant à contenir le mouvement national et à étouffer ses revendications. Pour sa part, l’enseignante en histoire à l’Université Blida 2, Amina Chaâbouni, a mis en avant les crimes commis par la France coloniale en s’appuyant sur les archives du journal El Moudjahid, qui ont documenté les violations et les pratiques répressives exercées contre le peuple algérien. Elle a ajouté que les massacres du 8 mai 1945 avaient contribué à dévoiler les crimes du colonisateur français devant l’opinion internationale, grâce aux efforts des militants du mouvement national et de la diplomatie algérienne pour dénoncer ces exactions dans les instances internationales.


