
Les patients ayant subi une crise cardiaque pendant le premier confinement en Espagne et au Royaume-Uni devraient vivre entre 1,5 et 2 ans de moins que ceux qui ont été victimes avant la crise sanitaire.
- Une étude confirme les pertes de chance liées au confinement durant la crise sanitaire pour les victimes d’infarctus.
- Ces patients auraient perdu entre 1,5 et 2 années de vie.
- Ces résultats sont dûs à l’absence ou aux retards dans la prise en charge des victimes d’infarctus.
Les pertes de chance pour les victimes d’accidents cardiaques durant les premiers confinements de la crise sanitaire se confirment.
Les crises cardiaques nécessitent une prise en charge en urgence pour rétablir le flux sanguin dans les artères bloquées. Tout retard peut entraîner des lésions irréversibles du muscle cardiaque, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques à long terme sur la santé des patients.
Selon une étude publiée dans une revue de la Société Européenne de Cardiologie, les patients ayant subi une crise cardiaque pendant le premier confinement en Espagne et au Royaume-Uni devraient vivre entre 1,5 et 2 ans de moins que ceux qui ont été victimes avant la crise sanitaire.
Cette étude, qui a été menée dans plusieurs pays européens, met en évidence les conséquences dramatiques de la pandémie de COVID-19 sur la santé des patients atteints de maladies cardiovasculaires. En effet, pendant la première vague de la pandémie, seulement 40 % des patients victimes d’une crise cardiaque ont pu se rendre à l’hôpital, entraînant un retard dans leur prise en charge.
Des statistiques alarmantes sur l’espérance de vie
Les chercheurs ont comparé l’espérance de vie prévue des patients qui ont eu une crise cardiaque lors du premier confinement avec ceux qui ont eu une crise cardiaque au même moment l’année précédente. L’analyse britannique a comparé la période du 23 mars au 22 avril 2020 avec la période équivalente en 2019. L’analyse espagnole a comparé mars 2019 à mars 2020.
Les résultats montrent que les patients du Royaume-Uni perdraient en moyenne 1,55 an de vie par rapport aux patients présentant un infarctus avant la pandémie. Les chiffres équivalents pour l’Espagne étaient de 2,03 années de vie perdues et d’environ un an et sept mois de vie en parfaite santé perdues.
L’absence de prise en charge a aussi un coût économique élevé
Les résultats de l’étude sont également alarmants sur le plan économique. Les patients atteints d’infarctus du myocarde ont été traités tardivement, ce qui a entraîné des conséquences à long terme sur la santé et des coûts économiques élevés pour la société. L’étude a estimé que la réduction de l’accès aux soins coronariens avait entraîné des coûts supplémentaires à vie estimés à 36,6 millions de livres sterling (41,3 millions d’euros) pour le Royaume-Uni et à 88,6 millions d’euros pour l’Espagne. Ces chiffres montrent que la pandémie de COVID-19 a non seulement un impact sur la santé des patients atteints de maladies cardiovasculaires, mais aussi sur l’économie des pays touchés.


