Santé & Bien-être

Après une chirurgie, la mémoire des seniors peut-elle basculer ?

Des chercheurs américains ont voulu savoir si une opération majeure pouvait entraîner une perte significative des facultés cognitives, notamment de la mémoire, chez les personnes âgées.


L’ESSENTIEL

  • Parmi les personnes âgées ayant subi une intervention chirurgicale majeure, 15 % ont présenté un déclin cognitif sévère au cours des six années suivantes, 59 % un déclin léger et 26 % sont restées stables.
  • Un âge avancé, des troubles cognitifs initiaux et la survenue d’un delirium étaient associés à un déclin sévère, mais le delirium présentait l’association la plus forte.
  • Selon les chercheurs, ces résultats pourraient changer la donne en offrant aux médecins une meilleure possibilité d’identifier précocement les patients à haut risque.

Une intervention chirurgicale n’a rien d’anodin. En effet, elle peut avoir un impact important sur la santé physique et les capacités des patients, notamment chez les seniors. Dans une récente étude, des scientifiques de l’Harvard Medical School (États-Unis) ont cherché à comprendre comment une opération majeure affecte le cerveau vieillissant au fil du temps. Pour cela, ces derniers ont suivi, pendant six ans, 560 adultes de plus de 70 ans ne présentant aucun signe de démence après une intervention chirurgicale majeure, comme une prothèse de hanche ou une opération abdominale, afin d’observer l’évolution de leur mémoire et de leurs capacités de réflexion. Afin de garantir la fiabilité des résultats, les auteurs ont également suivi un groupe composé de 119 personnes âgées n’ayant pas subi d’intervention chirurgicale.

Une opération majeure accélère le déclin de la mémoire chez 15 % des personnes âgées

Durant l’intervention, l’équipe a évalué les performances cérébrales en faisant passer aux participants des tests neuropsychologiques et des jeux de stimulation cognitive avant l’intervention. Elle a également surveillé l’apparition d’un delirium (un état mental caractérisé par des épisodes de confusion et de désorganisation de la pensée pouvant survenir dans les heures ou les jours suivant l’intervention) durant l’hospitalisation postopératoire.

L’analyse, parue dans la revue Journal of the American Geriatrics Society, a révélé trois profils distincts d’évolution cognitive. Environ un patient sur quatre (26 %) a conservé une grande vivacité d’esprit, sans déclin notable. Plus de la moitié des patients (59 %) ont connu une légère baisse de leurs capacités mentales, correspondant aux effets normaux du vieillissement. En revanche, un groupe plus restreint (15 %) a présenté un déclin significatif et progressif des performances mentales, s’aggravant au fil des années.

Le delirium, facteur principal du déclin cognitif

« Les trois principaux facteurs prédictifs d’un déclin sévère étaient un âge avancé, des scores inférieurs aux tests cognitifs avant l’opération et l’apparition d’un delirium postopératoire », ont précisé les scientifiques. Cependant, le delirium, qui s’est présenté chez 24 % des adultes opérés, s’est imposé comme le principal prédicteur d’un déclin cognitif à long terme. Les patients en ayant souffert présentaient deux fois plus de risques de subir une détérioration sévère que ceux qui n’en avaient pas été atteints.

« Nos résultats apportent des informations précieuses sur le devenir cognitif à long terme des patients âgés envisageant une chirurgie majeure et pourraient aider les cliniciens à cibler les interventions, notamment la prévention du delirium », ont écrit les chercheurs. Ils soulignent ainsi l’importance d’identifier précocement les patients à haut risque, car de nombreuses personnes âgées sont souvent confrontées au choix difficile de subir ou non une intervention majeure, « mettant en balance l’espoir d’une meilleure mobilité ou d’une qualité de vie améliorée et le risque d’un déclin cognitif et fonctionnel à long terme. »

Une opération majeure accélère le déclin de la mémoire chez 15 % des personnes âgées

Durant l’intervention, l’équipe a évalué les performances cérébrales en faisant passer aux participants des tests neuropsychologiques et des jeux de stimulation cognitive avant l’intervention. Elle a également surveillé l’apparition d’un delirium (un état mental caractérisé par des épisodes de confusion et de désorganisation de la pensée pouvant survenir dans les heures ou les jours suivant l’intervention) durant l’hospitalisation postopératoire.

L’analyse, parue dans la revue Journal of the American Geriatrics Society, a révélé trois profils distincts d’évolution cognitive. Environ un patient sur quatre (26 %) a conservé une grande vivacité d’esprit, sans déclin notable. Plus de la moitié des patients (59 %) ont connu une légère baisse de leurs capacités mentales, correspondant aux effets normaux du vieillissement. En revanche, un groupe plus restreint (15 %) a présenté un déclin significatif et progressif des performances mentales, s’aggravant au fil des années.

Le delirium, facteur principal du déclin cognitif

« Les trois principaux facteurs prédictifs d’un déclin sévère étaient un âge avancé, des scores inférieurs aux tests cognitifs avant l’opération et l’apparition d’un delirium postopératoire », ont précisé les scientifiques. Cependant, le delirium, qui s’est présenté chez 24 % des adultes opérés, s’est imposé comme le principal prédicteur d’un déclin cognitif à long terme. Les patients en ayant souffert présentaient deux fois plus de risques de subir une détérioration sévère que ceux qui n’en avaient pas été atteints.

« Nos résultats apportent des informations précieuses sur le devenir cognitif à long terme des patients âgés envisageant une chirurgie majeure et pourraient aider les cliniciens à cibler les interventions, notamment la prévention du delirium », ont écrit les chercheurs. Ils soulignent ainsi l’importance d’identifier précocement les patients à haut risque, car de nombreuses personnes âgées sont souvent confrontées au choix difficile de subir ou non une intervention majeure, « mettant en balance l’espoir d’une meilleure mobilité ou d’une qualité de vie améliorée et le risque d’un déclin cognitif et fonctionnel à long terme. »

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